L’intelligence émotionnelle : une conséquence des hauts potentiels intellectuels hypersensibles

L’intelligence émotionnelle est généralement une des compétences dont fait preuve une personne hypersensible à haut potentiel intellectuel. On la mesure avec le quotient émotionnel (permettant de la différencier du quotient intellectuel qui, lui, mesure l’intelligence cognitive). Les personnes surdouées fonctionnent en effet beaucoup à l’affectif et avec leur intuition. Leurs émotions « débordent » souvent et la surcharge émotionnelle doit être gérée. Cet ouragan d’émotions négatives et positives peut ébranler l’estime de soi. En parallèle, les compétences cognitives ont tendance à rationaliser et mesurer les émotions. Dans mon cas par exemple, j’ai tendance à décortiquer mes émotions pour essayer de comprendre d’où elles viennent et comment elles fonctionnent pour tenter de les désamorcer émotionnellement. C’est, je pense, la surcharge émotionnelle mêlée au besoin d’explications des émotions qui permet de développer une intelligence émotionnelle.

Définition de l’intelligence émotionnelle

Les psychologues Salovey et Mayer (on reviendra sur eux après) décrivent l’intelligence émotionnelle comme « une forme d’intelligence qui suppose la capacité à contrôler ses sentiments et émotions et ceux des autres, à faire la distinction entre eux et à utiliser cette information pour orienter ses pensées et ses gestes ».

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Histoire de l’intelligence émotionnelle

Le terme Intelligence Émotionnelle semble arriver dans la littérature dès les années 1960s dans plusieurs articles scientifiques. Néanmoins, ce n’est qu’en 1983 que la notion d’intelligences multiples est démocratisée par la sortie du livre de Howard Gardner « Frames of Mind : The Theory of Multiple Intelligences ». Il y explique que les modèles actuels d’intelligence n’arrivent pas à expliquer entièrement la capacité cognitive des individus. Il présente donc son idée d’intelligence multiple comprenant (en plus de l’intelligence « classique ») :

  • Une intelligence interpersonnelle : il s’agit de la capacité à comprendre les relations entre les individus, comme les intentions, motivations ou désirs ;
  • Une intelligence intrapersonnelle : la compréhension de soi-même (nos craintes, nos motivations, nos sentiments, etc.).

Peu après (1987) c’est l’idée de quotient émotionnel qui arrive — afin de comparer avec l’idée de quotient intellectuel. Keith Beasley l’évoque dans le magazine britannique Mensa.

Par la suite, 3 grands modèles d’étude de l’intelligence émotionnelle voient le jour : Salovey et Mayer (1990), Goleman (1995), et Bar-On (1997). Chaque modèle donne des variables qui permettraient d’étudier le quotient émotionnel d’un individu. Je reviendrai dessus plus en détails après (car ils méritent d’être étudiés !).

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Les facteurs qui influencent l’intelligence émotionnelle

En mars 2018, des scientifiques (une équipe de l’université de Paris Diderot, université de Cambridge et Institut Pasteur) publient une étude incroyable dans Translational Psychiatry réalisée sur 46 000 personnes. Ils y démontrent que l’empathie est génétiquement déterminée par 11 variations des chromosomes. Malgré tout, ils estiment également que ces variations génétiques n’expliquent « que » 10% des différences empathiques entre humains. Par contre, ils ont découvert que les femmes ont un quotient empathique supérieur à celui des hommes. Ceci serait dû à l’influence de facteurs biologiques (et non génétiques) comme les hormones prénatales ou d’autres facteurs environnementaux (par exemple la manière de se socialiser, ou l’éducation).

Bref, l’empathie (donc la capacité de s’identifier à autrui dans ce qu’il ressent, donc faisant partie de l’intelligence émotionnelle) dépend en partie de facteurs génétiques et environnementaux. On pourrait ainsi (en poussant le bouchon un peu loin) arriver à prédire et programmer l’empathie et l’intelligence émotionnelle de certaines populations sur la planète. Fascinant.

Les différents types d’opérations mentales

De nombreux scientifiques (1, 2, 3, 4, 5, 6, 7) s’accordent sur l’existence de trois types d’opérations mentales : la motivation, les émotions et les cognitions. De temps en temps, une quatrième opération mentale arrive : la conscience (je n’en tiens pas compte ici).

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La motivation

La motivation survient à la suite de facteurs externes ainsi que les moteurs « de base » de l’Homme (la faim, la soif, les contacts sociaux, et le désir sexuel). En gros, la motivation est là pour nous faire survivre et nous permettre de nous reproduire. Elle est souvent associée au cerveau reptilien. Enfin, elle suit un cycle déterminé et est satisfaite d’une façon très spécifique : on a soif jusqu’à ce que l’on ait bu assez d’eau, on a faim jusqu’à ce que l’on soit repu, etc. Manger ne va par contre pas combler notre soif. Chaque motivation se satisfait d’une façon précise.

Les émotions

Les émotions apparaissent pour provoquer une réaction à un changement perçu. Ce changement peut être réel ou imaginaire. Le but est de nous protéger — ou du moins interagir — avec notre environnement. Par exemple, la peur est la réponse à la perception d’un danger. La colère répond à la menace ou l’injustice. Contrairement aux motivations, les émotions ne suivent pas de cycle déterminé. Tout d’abord, elles dépendent de la perception de chacun (on ne perçoit pas le danger de la même façon que notre voisin). Ensuite, les réactions qu’elles provoquent peuvent varier. Par exemple, la peur peut provoquer l’attaque ou la fuite. Les émotions sont donc plus flexibles que les motivations. On se trouve ici au niveau du système limbique de notre cerveau.

Les cognitions

Enfin, c’est grâce aux cognitions que nous apprenons de notre environnement et sommes en mesure de résoudre des problèmes dans des situations jamais vues. C’est cet apprentissage cognitif qui a permis à l’Homme d’évoluer au fil des millénaires. Le but de cet apprentissage — hormis l’évolution — est de toujours être en mesure de satisfaire les motivations et de créer et maintenir des émotions positives. Elle se déroule en trois étapes : (1) l’apprentissage, (2) la mémorisation, et (3) la résolution du problème. Ici, on se trouve dans le néocortex de notre cerveau.

Retenez bien le fonctionnement de ces 3 opérations mentales. En effet, les différents modèles d’intelligence émotionnelle (que nous allons voir juste après) ne se situent pas tous aux mêmes endroits du cerveau.

Les modèles d’intelligence émotionnelle

Comme promis, on parle maintenant des trois principaux modèles d’intelligence émotionnelle. Si vous vous intéressez au sujet, vous êtes forcément tombé(e) dessus. Ils sont malgré tout un peu compliqués et assez techniques, donc je vous en propose là une simplification.

Le modèle de Salovey et Mayer

Peter Salovey et John Mayer sont deux universitaires américains spécialistes en psychologie. Ils présentent en 1990 le premier modèle qui permet de conceptualiser l’intelligence émotionnelle. Selon eux, l’intelligence émotionnelle se situe à l’intersection de deux opérations mentales : les émotions et les cognitions. Leur idée est que les individus ont des capacités différentes de traiter les informations émotionnelles et d’établir des liens entre ces charges émotionnelles et leur cognition. Selon eux, l’intelligence émotionnelle se compose de deux dimensions :

  1. Une dimension expérientielle : l’individu perçoit et manipule l’information émotionnelle. Cependant, il n’est pas encore en mesure de la comprendre.
  2. Une dimension stratégique : l’individu est en mesure de comprendre et gérer les émotions perçues.

Chaque dimension se divise ensuite en deux étapes intermédiaires, comme schématisé ci-dessous. Tout d’abord, on perçoit l’émotion. Ensuite, on l’assimile. Après on la comprend. Et enfin, on la gère. En gros, le modèle de Salovey et Mayer indique les étapes nécessaires pour passer d’une simple perception et expression des émotions, à une gestion empathique complète.

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1. La perception émotionnelle

La première étape / capacité d’intelligence émotionnelle est donc, selon Salovey et Mayer, l’identification des émotions (les siennes et celles des autres). Il s’agit donc de pouvoir comprendre ce que l’on ressent, et ce que ressentent les autres. Ensuite, la personne doit apprendre à transmettre les besoins qui sont directement liés à ses émotions. En somme, il s’agit d’être conscient(e) des émotions et de pouvoir les exprimer correctement aux autres.

2. L’assimilation émotionnelle

Dernière étape de la dimension expérientielle : l’assimilation émotionnelle. Ici, il s’agit de faire la distinction entre différentes émotions ressenties. Le but est de reconnaître celles qui influent sur la cognition. Donc après avoir reconnu les émotions, nous faisons en sorte de comprendre comment elles influent sur nos pensées.

3. La compréhension des émotions

Maintenant que l’on expérimente bien les émotions, nous passons à la dimension stratégique. Dans un premier temps, Salovey et Mayer recommandent de prêter attention aux émotions complexes (par exemple, lorsque nous éprouvons deux émotions à la fois). Détachez bien les émotions les unes des autres. En parallèle, comprenez comment fonctionnent les transitions entre les émotions. Par exemple, l’enchainement le plus connu est certainement la courbe du deuil : choc, déni, colère, peur, tristesse, acceptation, pardon, renouveau, sérénité. Il est nécessaire de passer par toutes ces étapes pour aller de l’avant !

4. La gestion des émotions

Quatrième et dernière étape : la gestion des émotions. Pour boucler la boucle, il faut être en mesure de garder ou non une émotion en fonction de son utilité. Choisissez de la vivre ou de la contrôler. Je dis bien contrôler et non pas abandonner, car je pense qu’il est important d’exprimer chacune de ses émotions. Il faut juste faire attention à son timing.

Le modèle de Goleman

Le second modèle d’intelligence émotionnelle que nous allons voir est celui de Daniel Goleman, un psychologue et journaliste scientifique. En fait, il a lu les travaux de Salovey et Mayer lors de leur parution en 1990 et en a été très inspiré. Cinq années et beaucoup de recherches plus tard (en 1995 donc) il publie un bouquin qui deviendra une référence dans le milieu : L’Intelligence Emotionnelle. C’est ce livre qui a énormément démocratisé le quotient émotionnel un peu partout dans le monde. Il y décrit un modèle articulé autour de 5 axes :

  1. Reconnaître ses émotions
  2. Gérer ses émotions
  3. Se motiver
  4. Reconnaître les émotions des autres
  5. Maîtriser ses relations sociales
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1. Reconnaître ses émotions et avoir la conscience de soi

Dans son livre sur l’intelligence émotionnelle, Daniel Goleman explique que la conscience de soi et de ses émotions est la première étape. C’est pourquoi il est important de reconnaître ses émotions au moment où elles apparaissent. Si nous ne les comprenons pas et n’en avons pas conscience, nous sommes à leur merci. Dans le cas contraire, nous pouvons prendre de bien meilleures décisions.

2. Gérer ses émotions et se maîtriser

Gérer ses émotions et se maîtriser permet de ne pas être anxieux(se) ou irritable. C’est notamment grâce à cette gestion que nous pouvons nous relever en cas d’échec (et ne pas aller nous morfondre dans un coin). Sinon, nous allons rester en détresse perpétuelle.

3. Se motiver

La motivation interne dans l’atteinte d’un but fait partie de l’intelligence émotionnelle selon Daniel Goleman. Attention par contre, je précise bien qu’il s’agit d’atteindre un but interne. Par exemple, l’argent ou un statut n’entre pas en compte. Il s’agit là de l’envie d’accomplissement personnel et non de la gratification rapide.

4. Reconnaître les émotions des autres : l’empathie

L’empathie est une compétence relationnelle clef. Ainsi, une personne empathique va être beaucoup plus sensible aux signaux sociaux subtils qui vont indiquer les souhaits et/ou besoins des autres. Elle pourra ainsi les traiter en fonction de leurs réactions émotionnelles car elle ressent ce qu’elles ressentent.

5. Maîtriser ses relations sociales

La maîtrise des relations sociales s’appuie principalement sur l’habileté à manager les émotions des autres. A priori, les personnes que l’on apprécie sont celles qui sont en mesure de prendre en compte ce que l’on ressent. On peut donc dire qu’elles maîtrisent leurs relations sociales en maîtrisant leur environnement émotionnel. C’est par exemple une qualité essentielle chez un manager / leader.

Comme vous pouvez donc le voir, le modèle de Goleman se situe au niveau des émotions et des cognitions des opérations mentales. Cependant, il prend quelque chose de plus en compte. Le thème est bien plus large qu’un simple traitement émotionnel. D’ailleurs, il ne s’agit selon lui pas d’une sorte de talent que l’on a (ou non) mais bien de capacités apprises que l’on se doit de développer et de perfectionner pour arriver à quelque chose d’exceptionnel. Dans son livre, il écrit « il existe un vieux mot pour représenter l’ensemble des compétences liées à l’intelligence émotionnelle : le caractère ». Ainsi, il voit bien l’intelligence émotionnelle comme quelque chose de très vaste.

Le modèle de Bar-On

Last but not least : le modèle de Bar-On. Notre cher Reuven Bar-On est le Directeur de l’Institut des intelligences Appliquées du Danemark ainsi qu’expert conseil auprès de diverses organisations en Israël. Il continue dans la lancée de Goleman et propose d’approfondir l’idée de quotient émotionnel évoqué en 1987 par Keith Beasley. Il a un seul objectif : être en mesure de mesurer l’intelligence émotionnelle, un peu comme on mesure l’intelligence cognitive avec le quotient intellectuel. C’est donc ce qu’il a fait dès 1997. Son modèle s’articule autour de 5 axes :

  1. Les compétences intrapersonnelles : notre expression individuelle
  2. Les compétences interpersonnelles : nos relations sociales
  3. L’adaptabilité : notre habileté à prendre des décisions
  4. La gestion du stress
  5. L’humeur générale, notre perception de nous-même
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1. L’expression individuelle, ou nos compétences intrapersonnelles

Notre expression individuelle est notre faculté à nous créer une image précise et fidèle de nous-même, puis à l’utiliser efficacement dans la vie. Le but est de reconnaître et comprendre nos émotions pour mieux les exprimer. Pour cela, Bar-On recommande trois sous-étapes : (1) exprimer ouvertement ses émotions et ses sentiments, de manière verbale ou non verbale, (2) s’affirmer — que ce soit au niveau sentimental comme au niveau de ses croyances — de manière non-agressive, et (3) rester libre de toute dépendance émotionnelle et autonome.

2. Les relations humaines, ou nos compétences interpersonnelles

Selon Bar-On, les relations humaines représentent notre habileté à comprendre l’autre ainsi qu’à communiquer avec lui. Ainsi, nous pouvons obtenir des relations mutuellement satisfaisantes qui sont caractérisées par un partage des émotions. Pour ce faire, il faut (1) avoir de bonnes relations humaines via le maintien de ces relations de confiance et compassionnelles, (2) faire preuve d’empathie et (3) de responsabilité sociale — à savoir faire preuve d’une conscience sociale pour aider une communauté dans son ensemble.

3. La prise de décision, ou notre adaptabilité

Ici, Bar-On entend prendre une décision ou s’adapter dans le but d’accepter ou de modifier une situation. On peut, par exemple, ajuster ses émotions ou ses comportements. Pour cela, il faut (1) savoir résoudre un problème émotionnel (qui implique des émotions ainsi que leur compréhension), (2) voir les choses telles qu’elles sont, et non pas voilées par une émotion, et (3) contrôler ses impulsions émotives. En gros, il s’agit d’arriver à prendre une décision réfléchie et non pas sous le coup d’une émotion trop forte.

4. La gestion du stress

La gestion du stress signifie que nous sommes en mesure de faire face à une situation stressante. Pour cela, nous nous y adaptons de façon efficace, positive et rapide. Ainsi, Bar-On recommande de faire preuve de (1) flexibilité en adaptant ses émotions et comportements au contexte, (2) de tolérance au stress en comprenant que si tout le monde stresse la situation devient encore plus stressante, et (3) d’optimisme.

5. La perception de soi, ou notre humeur générale

Enfin, Bar-On propose un dernier axe autour de la perception de soi et de notre humeur générale. Il invite à garder une pensée positive. En effet, selon lui, en ne regardant que le bon côté des choses on peut facilement se sentir satisfait(e) et prendre du plaisir dans ce que nous apporte la vie. Ainsi, (1) faites preuve d’amour-propre en vous respectant et en acceptant vos points forts et vos points faibles, (2) réalisez-vous : fixez-vous des objectifs personnels pertinents qui vont vous enrichir, et (3) soyez reconnaissant et compatissant envers vos émotions.

Pour conclure brièvement sur cette partie, sachez que ces 5 axes vous donneront donc une note de quotient émotionnel (QE). Bar-On estime que l’intelligence cognitive contribue autant que l’intelligence émotionnelle à l’intelligence globale d’une personne. Ainsi, le quotient émotionnel (QE) peut, tout autant que le quotient intellectuel (QI), donner une indication du potentiel de réussir dans la vie. Selon lui, il est très fréquent d’avoir des problèmes d’adaptation chez les personnes qui présentent des déficiences à l’un ou l’autre des axes du QE. Et l’inverse fonctionne également : une personne avec un quotient émotionnel élevé aura de grandes chances de réussir dans la vie.

Au fait, vous avez remarqué comment le modèle de Bar-On ne se situe pratiquement pas sur les types d’opérations mentales ?

Haut Potentiel Émotionnel et intelligence émotionnelle

Souvenez-vous, j’ai parlé plusieurs fois sur ce site de la façon de nommer les zèbres. S’agit-il de surdoués ? De zèbres ? De précoces ? Et je m’étais arrêté sur l’expression haut potentiel. En effet, c’est ce qu’il me semble être le plus juste. Nous les zèbres ne sommes pas que des hauts potentiels intellectuels, mais aussi des hauts potentiels émotionnels. La zèbritude, la douance, ou appelez ça comme vous voulez, c’est le rassemblement de ces deux choses. Ainsi, le haut potentiel émotionnel fait preuve d’une grande intelligence émotionnelle, car c’est un individu hypersensible.

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En fait, comprenez bien que la limite entre toutes ces « caractéristiques » est plutôt floue car nous n’avons, à ce jour, pas le recul scientifique et médical nécessaire. De plus, il n’y a pas de méthode miracle pour le mesurer. C’est d’ailleurs pareil pour le QI : vous pouvez passer plusieurs fois des tests officiels et ne jamais obtenir le même résultat. Peut-être qu’un jour tout sera plus clair. En attendant, il s’agit vraiment d’un ressenti personnel. Sur ce site, je m’attèle à comprendre, décrypter et expliquer le fonctionnement de ces diverses particularités qui font le haut potentiel.

Applications de l’intelligence émotionnelle

Il y a encore malheureusement trop peu d’études parues sur les potentielles applications de l’intelligence émotionnelle dans notre vie quotidienne. La tendance générale — soutenue par les fondateurs des trois modèles précédents — estime qu’une haute intelligence émotionnelle serait un facteur crucial de réussite. Malgré tout, il existe deux études qui portent sur ses applications dans le monde professionnel : au sein de la négociation et de l’entrepreneuriat (oui oui, l’intelligence émotionnelle au travail, ça existe).

L’apport de l’intelligence émotionnelle dans la négociation

La première date de 2010 et porte sur la négociation. Les émotions et leur gestion sont au cœur du processus de négociation car il s’agit d’une activité de communication avec des interactions entre les différentes parties prenantes. Les chercheurs ont démontré que les commerciaux avec une grande intelligence émotionnelle étaient globalement de meilleurs négociateurs. En effet, ils étaient plus à-même à proposer des solutions créatives, avaient plus d’aptitude verbales et au raisonnement — et ce quel que soit le profil de la personne en face d’eux (plutôt coopérative ou compétitive).

L’apport de l’intelligence émotionnelle dans l’entrepreneuriat

La seconde date de 2012 et porte sur l’entrepreneuriat. Les chercheurs ont demandé à plusieurs entrepreneurs à succès de s’auto-évaluer selon 18 compétences émotionnelles. Les 7 compétences gagnantes sont : (1) la confiance en soi, (2) la fiabilité d’orientation vers la réussite, (3) l’orientation vers le service, (4) l’aptitude au changement, (5) le travail d’équipe et la collaboration, (6) la fiabilité, et (7) la capacité de maintenir des normes honnêtes et intègres. Cela ne vous rappelle rien ? Remontez un peu plus haut, et vous verrez que ce sont toutes des caractéristiques des précédents modèles d’intelligence émotionnelle. CQFD.

Même si, comme je l’ai dit, peu d’études sont encore disponibles sur le sujet, je reste persuadé que beaucoup vont voir le jour et démontrer l’importance de l’intelligence émotionnelle dans le management ainsi que dans de nombreux autres sujets de notre vie de tous les jours.

Conclusion : développer son intelligence émotionnelle

Pour conclure, l’intelligence émotionnelle est la faculté de comprendre ses émotions et celles des autres, puis de les analyser pour se comporter de la façon la plus adéquate et pertinente en fonction de la situation. Il s’agit d’étudier ses peurs, ses joies, ses envies de pleurer, pour mieux les interpréter. Globalement, les 3 modèles d’intelligence émotionnelle étudiés précédemment pourraient se résumer ainsi :

  1. Analyse et compréhension de mes sentiments
  2. Analyse et compréhension des sentiments des autres
  3. Comportement adapté à la situation

Le processus d’intelligence émotionnelle n’est pas inné. Il se travaille. Ainsi, en vous entrainant, vous pouvez améliorer votre quotient émotionnel (QE). Un peu comme vous feriez pour un muscle. Au début, il est important de bien décortiquer le mouvement, étapes par étapes. Peu à peu, il se fait tout seul, automatiquement. Donc la prochaine fois que vous sentez une émotions (un peu trop forte) vous envahir, suivez le processus suivant pour développer votre intelligence émotionnelle :

  1. Stop : arrêtez-vous et calmez-vous. Surtout, n’agissez pas.
  2. Dans votre tête : définissez le problème et comment vous le ressentez. Puis, cherchez une solution positive et constructive. Si possible, trouvez-en d’autres. Et analysez les conséquences de chaque solution.
  3. Go : tentez le meilleur de vos plans.

Cela vous permettra de prendre le temps de réfléchir à chaque situation pour ne surtout pas réagir à chaud et provoquer des conséquences que vous ne voulez pas.

Hello ! Je suis un zèbre et j’ai décidé d’écrire au sujet de la douance :) enjoy connectthedots.fr/